Oiseaux
Une petite route,
Un chemin goudronné de frais,
Un soleil de plomb,
Une forte odeur d’asphalte et de tournesols murs.
Elle est toute blanche, ils ont dit, « trop cher le goudron, on a mis plus de gravier ! »
L’été, la route est d’argent.
Pour aller du village à la ferme il faut compter trois ou quatre kilomètres par la traverse.
A pied c’est trop long ! J’y vais sur ma Captivante rouge, à fond !
La seule côte c’est celle qui remonte au village, pour le reste c’est tout plat ou presque.
D’abord, il faut passer devant les deux platanes plantés par les révolutionnaires. Ils n’arrêtent pas d’étendre leurs ombres.
Puis c’est le long chemin par la plaine, les croisements, les petits ponts, les arbres de chaque côté, les fermes à vaches, à trayeuses de lait, à chiens aboyeurs, déchiqueteurs de jupes et rongeurs de pneus.
Je suis libre, à chaque tour de pédale je grandis, je fais la course avec les peupliers, je regarde passer les arbres au loin. Essoufflée, j’avale tous les nuages et tous les moucherons.
Je ris.